Depuis plus de 20 siècles la Chine, puis plus tard le Japon, exprime le sentiment humain, le rêve, l'admiration de l'homme pour la nature avec la même élégance dans le tracé et les 3000 nuances de gris entre l'extrême clarté du blanc jusqu'à la profonde obscurité du noir. C'est plus particulièrement dans les écoles de pensée de l'ancienne Chine que se développe la peinture tch'an de la nature. Elle est le fruit d'une observation soutenue, méticuleuse d'un élément de la nature : fleur, bambou, forêt, paysage... Puis l'artiste tch'an, sans aucune précipitation, laisse place à un moment de silence pendant lequel il se prépare intérieurement. Il prépare son encre, apaise ses émotions, son souffle, son esprit.
Enfin le peintre accomplit de façon apparemment spontanée, rapide, parfois fulgurante, sa représentation de la nature. En quelques instants tout prend place : les nuages du ciel, la crête des montagnes, leurs pentes neigeuses, la brume dans la vallée et la forêt de sapins en bas entre laquelle coule un petit ruisseau. Sans oublier les espaces blancs qui resteront toujours, à l'inverse de notre peinture, préservés, intouchés par le pinceau. |