Art zen sumi-e Robert Faure

 

l'expérience de la trace    

Quelle civilisation n'a pas gravé ses traces de vie, ses représentations sur le roc, la pierre ou le papier? Quel enfant n'a pas laissé sur le sable ou le papier la fugitive empreinte d'un doigt ou d'un pinceau?

L'expérience de la trace laissée par le simple pinceau emplit d'encre ne cesse de nous étonner et de nous apprendre quelque chose de l'acte créateur. Cette expérience apparaît hors du temps, au-delà des écoles, des oeuvres et même des pays. Elle récapitule l'aventure humaine depuis le fond des âges. C'est l'histoire du langage, de la mémoire et de la volonté de laisser une trace pour ceux qui nous survivent.
Les plus simples instruments ont donné lieu aux plus belles réalisations.
La sobriété des formes, le noir et blanc alliés à la dextérité du pinceau donne encore, après des siècles écoulés, la perception du frémissement de la vie. La calligraphie, comme tout art, préfigure un passage, une transformation. L'apprentissage du geste sans peur, sans retouches, suppose un arrangement intérieur, une mise en paix, un goût de la richesse de l'unique instant où le calligraphe reçoit la puissance d'un élan créateur.
La calligraphie n'apporte pas forcément quelque chose en plus, mais nous fait don de quelque chose en moins. Moins de lourdeur, moins d'indifférence dans nos pupilles, moins d'orgueil dans nos éphémères réussites.
Elle révèle depuis des siècles d'admirables prophètes de la beauté.

 
 

Citation :
‘‘En ce qui concerne le rendu d’un sujet, il est moins important de saisir la forme que de saisir les lignes de force, il est moins important de saisir les lignes de force que de saisir son rythme et enfin il est moins important de saisir les lignes de force que de saisir son rythme.’’
Li Rihua – début XVII.

 

Home page | plan | Mentions légales